octobre 2013 Archive

Peu de bonbons dans la jarre pour les jeunes. - Jeudi, octobre 17th, 2013

«KOI de 9 CHEZ LES JEUNES?» - Par VIRUS1334.com
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Élections : Peu de bonbons dans la jarre pour les jeunes.

De la gomme à mâcher pour inciter les jeunes à voter? Est-ce la solution pour inciter les jeunes à s’exprimer aux urnes ?

Est-ce que la base de jeunes électeurs est suffisamment importante pour faire fluctuer le vote aux prochaines élections municipales? Nos politiciens maximisent-ils bien leur temps en déployant des efforts en rencontrant une base d’électeurs qui se déplacent aux urnes à raison de 20 à 30% seulement? J’avoue être un peu déçu des propositions des différents partis confondus pour rejoindre les plus jeunes générations.

Bien sûr, quelques politiciens en cravate s’aventurent sur les réseaux sociaux. On espère que les politiques de partis sur le transport collectif, l’environnement, une île wifi, installer un YouTube format géant sur le silo numéro 5 et l’accès à la propriété pour les jeunes familles répondront aux aspirations des jeunes et les inciteront à aller voter…vraiment ?

La participation électorale des jeunes

Une étude réalisée pour le compte du Forum jeunesse de l’île de Montréal s’est penchée sur la participation des jeunes électeurs, âgés de 19 à 31 ans, aux élections municipales de 2005 et aux élections fédérales de 2006. Il en ressort que de 20 % à 30 % des jeunes électeurs inscrits sur la liste électorale se sont prévalus de leur droit de vote aux élections municipales. La proportion grimperait à 50 % lors des élections fédérales. Des chiffres nettement en deçà de la participation électorale de la population dans son ensemble.

Qui sont ces jeunes électeurs ?

Étonnamment, il y a dans notre société plusieurs jeunes qui sont déjà vieux jeu. Lorsque l’on affirme que notre premier grand projet de vie est l’achat d’une maison ou obtenir un premier bon emploi accompagné d’une sécurité d’emploi, d’un bon salaire, de vacances, d’assurances collectives et d’une conciliation travail/famille pour pouvoir être financièrement indépendants et se procurer enfin leur voiture, leur écran plasma ou même commencer à épargner en vue de leur retraite, nous sommes bien loin du «road trip» sac à dos et des voyages humanitaires qui insécurisent de nombreux parents québécois. Ce sont souvent ce segment de jeunes électeurs impliqué politiquement ou intéressé par la chose qui prennent la peine d’apposer un «x» sur un bulletin de vote.

Déjà que le temps de nos politiciens est compté pour consacrer du temps aux jeunes électeurs, que reste t’il pour nos YOLO ? Ces derniers qui sont prêts à prendre des risques et profiter pleinement de leur vie et ont des attentes parfois très différentes de nos politiciens.

Ainsi, à l’image des campagnes destinées aux jeunes, il est très difficile de regrouper une cohorte de jeunes et de faire une proposition qui rejoindra les aspirations de chacun. Les thèmes sont similaires, mais la façon de les communiquer et les solutions proposées doivent s’adapter à la réalité très distincte de certains groupes de jeunes au quotidien bien différent. Dans un monde idéal, un projet de société sur une thématique précise devrait proposer des solutions qui rejoignent les différents groupes.

À l’heure actuelle, aucun des sites des partis et le site d’Élection Montréal jevotepourmaville.ca ne proposent dans leurs plates-formes électorales, des actions concrètes ou d’incitatifs clairs pour les jeunes. Les jeunes sont plus touchés par les problématiques municipales qui affectent leur quotidien et ont un plus grand pouvoir d’influence sur leurs élus. Ils aimeraient contribuer à la vie municipale, mais se reconnaissent peu dans le système, les programmes, les politiciens en place, mais surtout la façon de communiquer et d’impliquer la population dans le changement. Ils n’ont pas de tribunes efficaces. Messieurs et mesdames les élus, vous seriez surpris de constater les opinions, la connaissance des dossiers des jeunes… ils ont un profond désir de changement !

J’ai relevé certaines initiatives visant à impliquer davantage les jeunes dans le processus d’élection. Certaines sont plus audacieuses et percutantes que d’autres, mais ont toutes le crédit de vouloir contribuer à impliquer notre belle jeunesse créative et dynamique.

1) Une parodie de la gomme bazooka Joe pour inciter les jeunes à voter?
http://www.lapresse.ca/le-soleil/dossiers/elections-municipales/elections-a-quebec/201309/23/01-4692388-la-gomme-bazooka-joe-des-elections-municipales.php

2) «Vote camps»
La particularité des « vote camps » est qu’ils combinent une présence physique et numérique; les jeunes de partout au Québec sont invités à y prendre part en suivant la webdiffusion et à échanger sur les médias sociaux. http://votecamp.ca/

3) Électeurs en herbe
Le programme Électeurs en herbe œuvre au niveau secondaire
Le Forum jeunesse de l’île de Montréal a mis en place, avec ses partenaires, le programme Électeurs en herbe. Il s’agit d’organiser, dans les écoles secondaires, des simulations d’élections. Depuis sa mise en place en 2001, plus de 150 000 élèves dans 600 écoles ont participé à ce programme. http://www.electeursenherbe.com/

4) L’intégration de jeunes politiciens dans les équipes municipales.
Lors des élections municipales tenues dans l’île de Montréal en 2009, le Forum jeunesse de l’île de Montréal a dénombré 72 jeunes candidats — âgés de moins de 35 ans — dont 12 ont été élus. De son côté, pour la prochaine élection municipale, M. Bergeron affirme que sur les 65 candidats de Projet Montréal investis, 19 ont 35 ans ou moins. Il a par ailleurs pris l’engagement de nommer, s’il est élu, un jeune sur toutes les sociétés paramunicipales. Projet Montréal est-il le parti le plus orienté vers les jeunes, très difficile en ce moment à confirmer…

5) www.monconseil.ca
Les Forums jeunesse régionaux font la promotion du site www.monconseil.ca. L’application Mon conseil invite les jeunes à créer leur propre conseil municipal en nommant leurs amis à des postes de conseiller, mais la plate-forme permet surtout de partager leurs idées ou leur vision pour leur ville.

6) Imaginer Montréal
Mon initiative préférée et la plus disjonctée http://urbania.ca/canaux/ImaginerMTL, celle du magazine Urbania.

Du street golf tous les dimanches sur Rachel, au réseau de piscines flottantes, aux cabanes urbaines dans ses arbres du Mont-Royal, les idées ne manquent pas !

102 idées créatives pour repenser la vie en communauté de Montréal ont jaillies de ce projet. Tous les vendredis de l’été, les étudiants, guidés par des professeurs de l’UQAM, sélectionnaient 10 idées pour faire rayonner la ville et inspirer ses concitoyens. Afin de s’assurer de la pertinence de leurs idées, les étudiants prenaient le pouls de la population à l’aide de plusieurs vox-pop.

7) Quoi de mieux qu’un appel public dans les journaux pour inciter les candidats à se positionner publiquement en matière de saine alimentation et de mode de vie physiquement actif?

C’est le défi que s’est donné le Comité Saines habitudes de vie de la Matanie.

Dans cette lettre ouverte, ils ont mentionné 2 points importants : la situation actuelle préoccupante quant à la santé de nos jeunes et le rôle central que les élus peuvent jouer pour améliorer les choses dans leur milieu.

Des exemples concrets?

- S’assurer d’une offre alimentaire santé dans les arénas et les événements festifs.
- Offrir les activités de loisirs gratuitement (patinage libre, piscine).
- Déneiger et illuminer adéquatement les patinoires extérieures.
- Élargir les trottoirs pour favoriser le transport actif vers l’école, etc.

Les partenaires demandent aux candidats de se prononcer à ce sujet et de donner un signal clair aux électeurs qu’ils sont prêts à s’investir en matière de saines habitudes de vie.

En conclusion

Loin de moi l’idée de portée de mauvaises intentions à aucun des partis politiques, je n’ai pas eu l’opportunité d’assister aux prestations des différents candidats devant les étudiants. Mon propos repose sur les constatations d’un électeur intéressé par la politique qui suit avec beaucoup d’intérêt les différentes campagnes et la couverture médiatique que porte les journalistes à la campagne. Il demeure que la campagne n’est pas terminée et que d’autres tribunes seront disponibles aux candidats pour démontrer un réel intérêt pour la jeune clientèle d’électeurs.

Toutefois, je doute que nos politiciens auront énormément à s’inquiéter du mouvement étudiant et des jeunes tant et aussi longtemps que le vote Internet ne sera pas endossé et accepté. Ce dernier étant beaucoup plus adapté à nos jeunes revendicateurs plein d’idées et de convictions…