mars 2013 Archive

JEUNES POUSSES ET VIELLES BRANCHES… - Mercredi, mars 20th, 2013

«KOI de 9 CHEZ LES JEUNES?» - Par VIRUS1334.com
Blogue sur le marketing jeunesse : marketingjeunesse.com

JEUNES POUSSES ET VIEILLES BRANCHES…

L’environnement a de la difficulté à se hisser parmi les priorités des Québécois et des Canadiens. Les chefs politiques qui en ont fait leur cheval de bataille….n’ont malheureusement pas eu beaucoup d’écho auprès des électeurs. Parlez-en à Stéphane Dion…

Qu’en est-il des jeunes ? Les marques multiplient les affirmations et les symboles visant à séduire leur jeune clientèle en fonction d’attributs environnementaux. Les jeunes se rueront-ils sur ces produits bios et équitables dont la fabrication serait plus respectueuse de notre planète ?

De se positionner en faveur de l’environnement est plus séduisant que de défendre des préoccupations économiques. La reconnaissance sociale qui découle de positions environnementales et l’étiquette écolo sont recherchées dans la société.

Plusieurs entreprises misent d’ailleurs sur le branding éthique, le biologique et le développement durable pour séduire les plus jeunes clientèles.

Les jeunes sont nombreux à se dire verts, mais cette génération laisse tout de même une empreinte écologique considérable. La société de consommation en incite plusieurs à surconsommer et rechercher le nouveau gadget technologique de l’heure.

Je ne cherche pas à démoniser les jeunes, au contraire, plusieurs sont à l’image des générations précédentes et ont tout de même poussé les baby-boomers à faire des changements. Le recyclage et le compostage sont souvent initiés par les jeunes dans le nid familial.

Quelques statistiques intéressantes issues d’un sondage Léger Marketing commandé par Hebdos Québec en 2011 viennent secouer des idées préconçues.

«Il est vrai que l’image de grands sauveurs de la planète pourfendant «les baby-boomers pollueurs» colle davantage aux 18-29 ans. Mais, devant les résultats du sondage, force est d’admettre qu’ils ont du chemin à faire avant d’être exemplaires. Alors que 70 % des Québécois ont fait un geste en ce sens, seulement 59 % des jeunes de 18-29 ans l’ont fait. » http://www.vraivisagequebec.com

Ces résultats s’alignent sur ceux du Baromètre 2012 de la consommation responsable au Québec qui décrit une tendance d’achat de produits et de services responsables en baisse progressive depuis 2010: la consommation de produits et services “bons” pour l’environnement passe de 45,5% (en 2010) à 36,5% en 2012. Un groupe de la population ferait toutefois exception à cette tendance, celui des 30-39 ans, chez qui les comportements responsables augmentent depuis trois ans (+1,2 point depuis 2010).

«Un autre constat plutôt paradoxal se pose du côté des jeunes: les Québécois âgés entre 18 et 29 ans ne pratiqueraient pas ou peu la consommation responsable. Pourtant, ce sont aussi les plus motivés et ceux qui ont plus confiance dans les messages des entreprises.

Selon Fabien Durif, directeur de l’Observatoire de la consommation responsable et initiateur de l’étude, tous les acteurs de la consommation responsable doivent centrer leurs efforts de sensibilisation sur les hommes et les jeunes générations — les plus réfractaires. «Il est nécessaire d’offrir des produits/services responsables allant au-delà du simple attribut «responsable», car un segment de consommateurs recherchent avant tout des produits «tendance», à valeur ajoutée et bénéfiques à leur image sociale. Les stratégies de communication sont à revoir», dit Fabien Durif, qui recommande de travailler les emballages, ainsi que de donner de l’information précise et transparente sur les produits/services de même que sur les certifications utilisées.» http://consommationresponsable.ca/wp-content/uploads/2012/11/BCR_2012_PDF.pdf

Les jeunes, à prix et qualité égale feront un geste pour l’environnement en choisissant un produit plus éthique. Toutefois, ils sont tiraillés entre les impératifs de maintenir une image sociale forte qui se définit souvent à travers des produits de consommation, de jongler avec des revenus limités et de prendre des décisions en adéquation avec leurs préoccupations environnementales.

Les entreprises ne doivent pas reculer face aux résultats (avouons-le un peu décevants) de ces études et se doivent d’agir en bon citoyen corporatif pour aider notre planète et devraient contribuer à changer les pratiques de plusieurs 18 à 29 ans.

S’il y a un message important pour les entreprises à retenir de ce billet, ne demandez pas à votre agence de travailler une campagne éthique, verte et responsable pour rejoindre les jeunes. Demandez plutôt à votre agence de développer une campagne efficace pour rejoindre les jeunes et de vous conseiller sur la façon de réduire votre empreinte écologique car le citoyen corporatif que vous êtes, veut contribuer à faire la différence pour la planète et les prochaines générations.

Pensez à l’environnement. N’imprimez ce billet que si vous en avez vraiment besoin.

En visite chez les Tanguy… - Vendredi, mars 1st, 2013

«KOI de 9 CHEZ LES JEUNES?» - Par VIRUS1334.com
Blogue sur le marketing jeunesse : marketingjeunesse.com

“Donne un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Apprends lui à pêcher, tu le nourris pour toujours.” Lao Tseu

En visite chez les Tanguy…

Ne vous méprenez pas, plusieurs parents à travers le monde doivent conjuguer avec de jeunes adultes de 18 à 35 ans qui ne décollent pas du nid familial ! C’est un phénomène mondial !

Au Japon, on les appelle d’ailleurs Parasaito shinguru (les Célibataires Parasites) pour définir les adultes célibataires restant chez leurs parents pour profiter du confort et de l’hospitalité de ceux-ci.

En Italie, où 70% des jeunes adultes vivent Mama casa , nous les appelons Bamboccioni (Gros bébés) ou Mammon (Garçons à maman).

Au Royaume-Uni, où un parent sur trois sont remortgaging, c’est à dire qu’ils ont ré-hypothéqué leurs maisons pour soutenir les enfants adultes, on les appelle Yuckies - un acronyme pour identifier des adultes qui comptent sur le soutien financier de leurs parents à l’image d’un enfant.

Dans les pays anglo-saxons, une expression similaire portant le nom de Boomerang Generation (Génération du cordon ombilical ou Génération boomerang) a vu le jour pour décrire le phénomène des jeunes qui recherchent l’autonomie…mais qui reviennent au foyer familial pour entreprendre des études, suite à une rupture ou simplement pour mettre de l’argent de côté. Comme le boomerang…le jeune revient au bercail.

Alors, tous nos lecteurs qui planifiaient des projets de retraite, l’achat d’un condo et de se retrouver comme couple….vous devriez peut-être consulter votre jeune adulte…

Pourquoi Tanguy ?

La sortie du film Tanguy d’Étienne Chatiliez en 2001, dont le personnage éponyme bardé de diplômes, affable et séduisant, termine une thèse de doctorat sur la civilisation chinoise. À l’annonce du prolongement de sa thèse, les parents découragés entreprennent de lui empoisonner la vie pour le faire quitter !

Le succès commercial du film a donné naissance à une nouvelle expression pour désigner ce phénomène: la génération Tanguy.

Les Tanguy au Canada

Les sociologues s’entendent pour expliquer le phénomène Tanguy comme le résultat des normes et des structures sociales particulièrement au Canada. Au Québec, le mariage est de moins en moins fréquent et de plus en plus reporté, les enfants quittent la maison beaucoup plus tard et rallongent la durée de leurs études. Les valeurs modernes de plusieurs jeunes concordent avec l’aisance de tirer avantage du confort et de la sécurité, autant physique et financière que le domaine familial leur procure. Les jeunes que l’on identifie au phénomène Tanguy s’assument pour la plupart pleinement dans cette décision et ne cherchent pas l’autonomie à tout prix. Pourquoi voler de ses propres ailes quand on peut prendre l’avion en première classe?

L’effondrement de la bulle boursière en 2000 est en grande partie l’un des facteurs les plus déterminant de ce phénomène. La hausse du chômage jusqu’en 2004 a coïncidé avec l’obtention de diplômes d’études secondaires ou collégiales pour toute une génération. L’économie étant chancelante, le concept de mondialisation favorisant l’externalisation des emplois vers des pays émergents a connu une croissance fulgurante et les salaires ont été révisés à la baisse. La génération des 18-35 ans pouvaient alors difficilement s’appuyer sur un diplôme d’études collégiales pour leur assurer une stabilité d’emploi. La colocation avec ses parents s’imposait comme l’alternative ultime pour ces jeunes adultes pour maintenir le style de vie de la classe moyenne ou supérieure auquel ils aspiraient.

Pour d’autres, la crise économique qui a frappé une grande partie du monde a sonné le glas pour de nombreux jeunes qui ont été soit licenciés ou ne pouvaient simplement plus se permettre de vivre sur leurs propres avoirs. Le nid familial représentera alors une opportunité d’accepter des stages non rémunérés ou d’entreprendre des études supérieures sans le fardeau de payer un loyer au prix du marché.

Tous les Tanguy s’entendent pour dire qu’il est socialement gênant de partager une situation de Tanguy surtout lors du jeu de la séduction, mais de savoir que quelqu’un d’autres paie les factures, les inquiétudes au sujet de l’hypothèque, coupe l’herbe, fait la cuisine, le ménage, la lessive vient certainement mettre un baume sur le malaise. La vie à la maison sans loyer rime pour plusieurs avec nouvelle voiture, vêtements de marque et quelques voyages par année…

Les Tanguy en chiffres…

Les chiffres s’accentuent avec les années, mais selon Statistiques Canada, les Tanguy représentaient en 2010, 51 % des jeunes nés entre 1981 et 1990 (génération Y) qui vivaient chez leurs parents. Au même âge, c’était 31 % pour la génération X (1969-1978).

Chez nos voisins du sud, pour l’année 2011, près de 20% des Américains âgés de 25 à 34 ans vivaient avec leurs parents. Pour ceux âgés de 18 à 24, on retrouvait 59% d’hommes et 50% de femmes.

Les enquêtes menées dans le Royaume-Uni et du Japon suggèrent une situation similaire dans ces pays.

Comment les parents conjuguent avec les Tanguy ?

Le phénomène Tanguy est relativement récent et les générations précédentes éprouvent de la difficulté à jongler avec les valeurs modernes de leurs enfants et éprouvent un certain inconfort à délimiter le rôle parental, l’amour inconditionnel pour leur enfant tout en se respectant. La situation peut amener son lot de conséquences psychologiques pour le prescripteur. Il est fréquent de voir les parents se culpabiliser de la situation ou même d’en avoir honte. L’incapacité de certains parents à refuser cette situation peut même encourager leurs enfants à rester.

Ce malaise alimente aussi des conséquences financières pour le parent, le simple fait de nourrir un adulte pendant une semaine peut engendrer de grandes dépenses…et si ce n’était que des dépenses alimentaires…plusieurs retarderont même leurs plans de retraite pour garantir le confort à leur progéniture.

Certains parents qui atteignent un âge plus avancé y voient plutôt les avantages. À l’image des valeurs issues des cultures asiatiques et hispaniques, les enfants pourraient contribuer à prodiguer certains soins et services à leurs parents âgés, plutôt que de déléguer la responsabilité à un tiers, comme une maison de soins infirmiers. Les Tanguy ne sont pas tous ingrats et plusieurs s’acquitteront de tâches ménagères autour du nid familial.

Le phénomène Tanguy n’est pas prêt de s’estomper avec la valorisation des études de cycle supérieur et la société de consommation. Ces jeunes adultes au revenu discrétionnaire plus élevé font certainement saliver les publicitaires, mais aussi baver plusieurs parents dépourvus…