février 2013 Archive

VIRUS1334 - Les chats ne sont pas YOLO! - Mercredi, février 6th, 2013

«KOI de 9 CHEZ LES JEUNES?» - Par VIRUS1334.com
Blogue sur le marketing jeunesse : marketingjeunesse.com

Les chats ne sont pas YOLO!

Nous avons tous déjà entendu cette expression, ou cette croyance: les chats ont neuf vies! Dans les temps anciens, le chiffre neuf était considéré comme le plus chanceux, celui qui apportait le bonheur, puisqu’il était le résultat mathématique de la «trinité des trinités». C’était donc le chiffre porte-bonheur par excellence. Comme le chat était considéré comme le plus chanceux des animaux, il était donc justifié de croire que le «neuf» lui était intimement associé.

Les nouvelles générations ne semblent pas «faits sur un frame de chat» car ils ont plutôt adoptés le mode de vie YOLO : «You only live once». YOLO implique que tu dois profiter pleinement de la vie, quitte à prendre des risques. L’acronyme YOLO est omniprésent dans l’univers, la culture et la musique des jeunes. YOLO a notamment été popularisé par la chanson «The Motto» du «rapper» canadien Drake.

Vous avez peut-être consulté la semaine dernière l’étude Léger Marketing sur la génération YOLO : http://lgwb.in/P3YRE . Cette étude a fait sourciller les plus vieilles générations et a alimenté les discussions autour du fax et sur les lignes ouvertes (NB: deux moyens de communication complètement dépassés pour les jeunes). Les commentaires des générations plus expérimentées semblaient converger vers un constat généralisé que les jeunes d’aujourd’hui sont gâtés et obtiennent tout ce qu’ils veulent. Ne vous en faites pas, tout comme le chat, votre jeune retombera sur ses pattes!

Vous êtes peut-être de ces cinéphiles qui ont été conquis par le romantisme des nombreux films où le personnage principal offre à sa partenaire de choisir au hasard une destination voyage à l’aveuglette en fonction du prochain vol disponible? Plusieurs ont caressé ce fantasme. Ce concept inspiré de l’expression latine «carpe diem» ou «saisir l’occasion» n’est certainement pas à des années lumières du concept YOLO, mis à part la notion d’immoralité et de danger qui est davantage acceptable chez les plus jeunes générations. Plusieurs jeunes se cachent d’ailleurs derrière le sigle YOLO pour justifier à leurs pairs que tout ce qu’ils font est correct.

Souvent, un sourire en coin, nous observons les plus jeunes générations et nous décrions le fait qu’ils soient trop choyés par leurs parents, trop attachés aux choses matérielles et plusieurs boomers qui ont autrefois épousés le mode de vie hippie s’offusquent que les jeunes entrevoient aujourd’hui les frais de scolarités abordables comme un devoir plutôt que comme un privilège. Notre insécurité nous fait réagir lorsque ces jeunes individus pensent qu’ils possèdent le monde et que leur génération est supérieure en raison de leurs connaissances de la technologie de pointe d’aujourd’hui.

Je suis de ceux qui croient que nous devons mettre à profits le mariage entre la fougue des nouveaux jeunes arrivants sur le marché du travail et l’expérience des travailleurs expérimentés. Je dois toutefois admettre le défi des départements de ressources humaines et des propriétaires d’entreprises qui doivent composer avec le côté imprévisible de cette génération qui cherche à profiter au maximum de son temps sur terre parce qu’elle n’a qu’une seule vie. Ils veulent tous être spéciaux, mais pas trop spéciaux, ils veulent être uniques, mais pas nécessairement s’intégrer et ils veulent profiter de la vie et ne veulent pas être un citoyen de classe ouvrière comme les générations antérieures. Comment conjuguer les enjeux et objectifs rigoureux de l’entreprise avec les notions de plaisir, d’aventure et la prise de risques au cours de notre bref moment sur la Terre?

Autant, j’ai de la fascination pour le concept YOLO, autant, le mouvement m’inquiète. Mes chapeaux de patron et de parent teinte malheureusement ma fascination pour l’audace de ces jeunes. En effet, il serait dommage que l’acronyme YOLO serve d’excuse pour ne pas chercher des informations importantes et manquer de curiosité; ne pas s’interroger sur les leçons que nous pouvons apprendre de l’expérience, les erreurs et les échecs. Finalement que nos convictions YOLO ne nous demandent pas de remettre en question nos actions ou leurs résultats. Sans l’intérêt de se renseigner et obtenir des conseils et d’apprendre des expériences de quelqu’un d’autres, il devient non seulement facile, mais aussi inévitable que des erreurs seront refaites maintes et maintes fois et cette situation est problématique.

Si je me fis à l’étude de Léger Marketing citée précédemment, 33% de mes plus jeunes employés me trouve incompétent, près de la moitié trouveraient leur travail ennuyant et 58% d’entre eux ne seront plus à mon emploi dans 3 ans…je devrais probablement embrasser davantage la philosophie YOLO et prendre le premier avion pour une destination inconnue. Au prochain billet…peut-être.