mars 2011 Archive

VIRUS1334 - Un « Facebook » pour les enfants - Jeudi, mars 24th, 2011

Un « Facebook » pour les enfants

La cible des enfants de moins de 13 ans utilisant le web semble devenir prioritaire chez Disney. En effet, à la fin du mois dernier, le groupe a acquis le réseau social pour enfants Togetherville. Cette transaction fait suite à d’autres du même genre puisque Disney a acheté le Club Penguin (jeu de rôle en ligne) en 2007 et l’éditeur de jeux sociaux Playdom en 2010. Mais pourquoi donc Disney s’intéresse-t-il autant au web social destiné aux jeunes ?

Togetherville : c’est quoi?

Lancé l’année dernière dans sa version béta, le site se présente comme un Facebook adapté aux plus jeunes des internautes (principalement les 6 à 13 ans). La plateforme est uniquement accessible en anglais pour le moment, mais il est fort possible que Disney investisse pour la décliner dans de nombreuses langues à l’avenir. Togetherville permet aux enfants «d’avoir leur propre communauté en ligne et de s’y connecter pour être en contact avec des amis de la vie réelle, comme leurs parents, d’avoir accès à des outils créatifs pour des activités multiples tels que des jeux ou des visionnages et tout cela dans un environnement sans publicités intempestives», informe le site sous sa section FAQ. De plus, le site est développé autour de trois domaines principaux, éducatifs et sensés être bénéfiques aux apprentissages des enfants : l’expression de soi (avec des jeux concernant l’art et la musique), le divertissement (via des clips et des petits jeux vidéos), et l’éducation (grâce à des activités telles que la lecture ou encore les mathématiques). Les enfants peuvent même s’initier à la gestion de l’argent (virtuellement), s’échanger des cadeaux, ou des jeux. Mais qu’en est-il de la sécurité, particulièrement avec de si jeunes enfants?

Togetherville : c’est sécuritaire?

Du côté des concepteurs, on affirme que tout a été fait pour proposer un site sûr, comme le vante le slogan du site «The safe network for kids». Ainsi, ce sont les parents qui valident les « amis » de leurs enfants. Tout commence donc par une inscription parentale, via de leur propre compte Facebook. Seule la procédure d’enregistrement exige un compte Facebook, et il n’y a pas de lien entre les deux sociétés, précise le site. Les parents ont donc le contrôle total du compte de leurs enfants (via leur compte Facebook) et valident ou non les demandes d’amis de leurs jeunes. Autre élément de sécurité : l’anonymat est interdit sur Togetherville. Enfin, l’interface propose un environnement dénué de publicités.

Selon le site, «Dans Togetherville, les enfants de 6 à 10 ans ont leur communauté en ligne à eux et s’y connectent pour être en contact avec des amis de la vie réelle, jouer, regarder des vidéos et faire des créations dans un environnement sans publicité». Les enfants ne sont donc pas soumis à des sollicitations d’annonceurs, sont protégés par un contrôle parental très serré et se voient proposer du contenu cohérent avec leur âge et leur niveau de développement (notamment grâce au graphisme et à l’ergonomie). De leur côté les parents, qui ouvrent le compte de leurs enfants et gèrent le réseau d’amis autorisés sur Togetherville, ont leur propre section sur le site pour communiquer avec leurs enfants et les amis de ceux-ci.

Togetherville : c’est bon pour les enfants?

De nombreux parents sont rassurés par les paramètres de sécurité entourant la plateforme Togetherville. Ils y voient surtout une façon intelligente, ludique et surtout sécurisée de faire expérimenter les réseaux sociaux aux plus jeunes. De cette manière, ils peuvent facilement offrir à leurs enfants un espace où ils peuvent échanger, se divertir, stimuler leur créativité… Certains vont même jusqu’à penser que ce type d’initiatives permettra de former de meilleurs citoyens numériques. En effet, encadrés dès le plus jeune âge, nos têtes blondes auront acquis des réflexes d’attention et de sécurité qu’ils reproduiront quand ils se retrouveront sur les réseaux sociaux des « grands ». Pourtant, tout le monde n’est pas du même avis…

En effet, pour d’autres, une telle initiative n’est pas adaptée aux enfants de moins de 13 ans. Selon eux, la dépendance, l’interaction avec un monde virtuel ou la simple présence sur le net dès le plus jeune âge peuvent avoir des conséquences négatives pour l’enfant. Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, expert dans les relations que les individus établissent avec les images et nos rapports aux nouvelles technologies ouvre le débat sur les relations entre internet et les enfants et pose la question des bienfaits et des limites du numérique. Il explique en outre qu’il convient de se référer, selon lui, à la règle des 3, 6, 9, 12 qui, bien évidemment, ne considère pas une initiative telle que Togetherville comme positive pour le développement des enfants :

• Avant 3 ans = pas de télévision : « La Société américaine de pédiatrie dit 2, moi je dis carrément 3, car je pense qu’avant cet âge la télé empêche les enfants de jouer et l’enfant ne se développe qu’en jouant »;
• Avant 6 ans = pas de console de jeux portable : « car entre 3 et 6 ans l’enfant a besoin de développer son habileté manuelle, donc c’est trop tôt pour l’abstraction de la console »;
• A partir de 9 ans = navigation Internet accompagnée des parents « parce qu’à 8-9 ans c’est le moment où l’enfant découvre Internet et où il faut l’accompagner de façon mesurée »;
• A partir de 12 ans = navigation Internet seul mais avec un système de contrôle parental ou avec le professeur-documentaliste par exemple, « car c’est l’âge où on peut commencer à donner à l’enfant la possibilité d’aller sur Internet seul ».

Togetherville : c’est bon pour Disney?

L’initiative part certainement d’un bon sentiment. Pourtant, comme le contenu est contrôlé et ne provient pas de membres de la communauté, (les vidéos, les jeux et les activités sont initiés par le site), la plupart des applications tournent autour du monde de Disney. Ainsi, parmi les 8 applications proposées, on trouve des jeux, des vidéos de dessins animés, une application « Art » pour créer et imprimer des cartes (de vœux ou de Noël) ainsi qu’un espace où les jeunes membres de la communauté sont invités à répondre à des questionnaires du type :

• « combien de temps lis-tu par jour ? »;
• « quelle est ta couleur préférée ? »;
• ou encore, « quel est ton programme de Disney Channel préféré ? ».

On comprend bien ici que même si le site se vante d’être « un environnement sans publicités », le monde de Disney ainsi que tous les personnages qui y sont reliés sont omniprésents sur le réseau. On comprend aussi mieux l’intérêt de Disney à fidéliser les internautes dès le plus jeune âge et les sommes mises en jeu pour acquérir les différentes plateformes qui serviront à la diffusion du merveilleux monde de Mickey et de ses amis. La cible des moins de treize ans, semble donc réellement être (très) rentable pour Walt Disney…

Que se passera t’il au Québec lorsqu’il y aura une version française? Il sera intéressant de voir la position que prendra l’Office de la protection du consommateur responsable d’appliquer la réglementation sur la Publicité aux enfants de moins de 13 ans.

VIRUS1334 - «Community Manager» - Vendredi, mars 4th, 2011

«KOI de 9 CHEZ LES JEUNES?» - Par VIRUS1334.com
Blogue sur le marketing jeunesse : marketingjeunesse.com

« Community Manager »

Avec la multiplication des espaces communautaires en ligne, le dialogue entre les marques et les clients s’oriente de plus en plus vers les médias sociaux : blogues, forums de discussions, sites d’avis et réseaux sociaux… Face à cette évolution et afin de créer des liens entre elles et leurs clients (surtout les plus jeunes), les entreprises se doivent d’aller plus loin que de se créer une simple e-réputation, en établissant de véritables canaux de communication multidirectionnels et en fédérant les échanges au sein des communautés liées de près ou de loin à la marque ou aux produits qu’elle propose.

Le « Community Manager » : quel rôle ?

Les traductions de « Community Manager » vont de gestionnaires de communauté à médiateur de conversation. Ce dernier terme est sans doute plus proche de la réalité car la mission première du « Community Manager » est de favoriser le regroupement sur le ou les réseaux sociaux de l’entreprise de tous ceux qui parlent, qui interagissent avec la marque ou le produit tout en essayant de les faire adhérer à votre vision marketing. C’est pourquoi le métier de « Community Manager » et ses nombreux dérivés (conseil en médias sociaux, animateur de réseaux sociaux, modérateur, etc.) sont aujourd’hui en pleine expansion. Doté de compétences variées et transversales, il est un véritable trait d’union entre l’entreprise et la parole de ses clients diffusée sur internet.

Le « Community Manager » est ainsi devenu en quelques années une ressource incontournable du marketing web, dont il est un levier opérationnel crucial, spécialement lorsqu’il s’agit d’interagir avec les 15-25 ans. En effet, il est le visage humain d’une marque, chargé de transmettre sa personnalité et s’adressant à des consommateurs ultra-sensibles à la qualité du contact et donc très exigeants et versatiles.

Le « Community Manager » doit avoir un profil polyvalent : il doit posséder des compétences en marketing mais également en stratégie commerciale, ainsi que de bonnes capacités de communication. Il peut avoir une formation en marketing ou en journalisme, mais son principal atout est de faire preuve d’une grande réactivité ainsi que d’une certaine diplomatie. L’entreprise qui utilise ses services peut aussi s’attendre à ce qu’il soit déjà un blogueur amateur ayant une certaine expérience des outils (Twitter, Facebook, Linkedln…) et qu’il soit capable de mettre en place un système de veille pour assurer le suivi des communautés sur le plus grand nombre de plateformes.

Le « Community Manager » : pour tous?

La question qui se pose face au défi de fédérer sur le web autour d’une entreprise ou d’une marque tout en maintenant une bonne e-réputation est la suivante : toutes les entreprises doivent-elles recruter des « Community Manager »?

Les entreprises de toutes tailles (des très petites aux plus grandes), particulièrement celles qui sont investies dans la vente directe et qui gèrent une partie de leur clientèle via internet, peuvent solliciter l’expertise d’un « Community Manager ». En fait, plus l’entreprise ou la marque est présente sur le web à travers son site institutionnel et les réseaux sociaux, plus la réflexion stratégique concernant la maîtrise des informations qui s’y rattachent est importante. Selon la taille de l’entreprise, le volume des espaces communautaires à gérer, et l’objectif assigné à sa fonction, le « Community Manager » peut être recruté en interne, ou son rôle peut être imparti.

Plusieurs entreprises, notamment les plus grandes, optent de plus en plus pour un recrutement interne. Ceci est souvent justifié par la grande quantité d’informations à traiter et les capacités financières de l’organisation, permettant l’embauche d’une ressource uniquement dédiée à l’animation des communautés web. D’autres entreprises choisissent au contraire d’externaliser ces responsabilités à des intermédiaires, souvent pour des raisons de flexibilité (notamment économique).

Finalement, le « Community Manager » donne de la valeur ajoutée à l’entreprise ou à la marque avec laquelle il s’associe. Les jeunes, particulièrement à la recherche d’authenticité, trouvent dans le « Community Manager » une neutralité et une objectivité qui rendent les interventions de l’entreprise ou de la marque plus crédibles. À la fois animateur, rédacteur, modérateur et médiateur, il est en autres chargé de recruter, fidéliser, motiver, tout en étant créatif, réactif et autonome dans sa gestion du discours de la marque. Ceci explique pourquoi les « Community Manager » expérimentés sont rares et précieux. Aussi, si le recrutement interne est parfois difficile (rareté des profils et/ou structures trop petites), n’hésitez pas à contacter votre agence s’ils maîtrisent efficacement les réseaux sociaux afin qu’ils vous prodiguent de judicieux conseils ou vous mette en contact avec des professionnels influents et reconnus.